Du Géocentrisme à l’Héliocentrisme

La planète Terre : plate ou concave ?

La Renaissance est pour beaucoup la période à laquelle on a commencé à considérer que la Terre était ronde. Pourtant, en se penchant sur l'histoire des sciences, on se rend compte que celle-ci débute bien avant.
Ce sont les Egyptiens, les premiers, qui ont découvert que la Terre était ronde. Si notre planète avait été plate nous aurions pu voir, du milieu d'un océan, les plus hautes montagnes d'un continent. Un navire voguant vers l'horizon paraîtrait simplement rapetisser si le Terre était plate, en réalité, la coque disparaît avant le sommet des mâts. La Terre serait donc ronde.

 

Le Géocentrisme :

Le Géocentrisme part de l’idée que la Terre serait immobile au centre de l’univers. Cette théorie datant de l’antiquité est notamment émise par Aristote et Ptolémée.
C’est une tentative scientifique d’expliquer l’univers d’une manière philosophique, en plaçant la Terre au centre de l'univers.

 

 

 

Observation depuis la Terre : les planètes ont un mouvement circulaire puis, brusquement on remarque un changement.

 

 

Ptolémée, remarquant ces changements, mis au point un système d’épicycle, autour duquel les planètes tourneraient. Cet épicycle tournerait lui autour de la Terre. Il part du principe que le cercle (figure parfaite et divine) est le fondement de l’univers.

 

 

 

Plus tard Ptolémée s’est rendu compte que son système ne correspondait toujours pas aux phénomènes observés dans le ciel.
Le Terre n’est donc pas au centre du système solaire.
Il mit donc en place un point (centre du déférent) autour duquel la Terre et les épicycles tourneraient.
Ptolémée sacrifiera alors la « pureté » de l’orbite des planètes, pour mieux décrire les mouvements de ces dernières.

 

Contexte religieux :

Dieu dit : « Qu'il y ait des lumières dans le ciel pour séparer le jour de la nuit ; qu'elles servent à déterminer les fêtes, ainsi que les jours et les années du calendrier ; et que du haut du ciel elles éclairent la terre ! ». Et cela se réalisa. Dieu fit ainsi les deux principales sources de lumière : la grande, le soleil, pour présider au jour, et la petite, la lune, pour présider à la nuit et il ajouta les étoiles. Il les plaça dans le ciel pour éclairer la Terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière de l'obscurité. Dieu constata que c'était une bonne chose.   (BIBLE GEN 1- 14 à 18)

Pour le Clergé, le Géocentrisme est naturel, c’est Dieu qui l'a créé. L’ordre de la Création nous montre que la Parole de Dieu supporte le Géocentrisme et non la "fausse doctrine" de l’Héliocentrisme. Les versets du GEN 1 - 14 à 18 indiquent clairement que les étoiles et les planètes furent créées après la Terre et sa végétation et non avant comme le prétendent les sciences modernes.

 


L'apparition de l'Héliocentrisme

 

L’Héliocentrisme apparait en réalité vers le III° siècle avant JC. Aristarque de Samos est le premier à parler d’Héliocentrisme.  Beaucoup ont condamné les idées d'Aristarque pour des raisons religieuses, car la position centrale de la Terre est une croyance très prégnante chez les Grecs. De plus, toutes ces imprécisions et la force des préjugés de son époque expliquent le fait que cette hypothèse soit rapidement tombée dans l'oubli.

C'est dix-huit siècles plus tard que certains penseurs reprennent cette idée d'Héliocentrisme, à la vue de quelques défauts dans la théorie géocentrique.

C'est Copernic, le premier, qui contredira Ptolémée en affirmant que la Terre tourne autour du Soleil. Il démontrera aussi que  la taille de l’orbite d’une planète influe sur le temps qu’elle mettra pour faire sa révolution autour du Soleil. Soit, plus l’orbite d’une planète est grande, plus cette planète mettra de temps pour faire sa révolution autour du Soleil. 
 

Le système de Copernic permettra d’expliquer de nouvelle choses :
- le mouvement journalier du Soleil et des étoiles par la rotation terrestre
- le mouvement du Soleil
- les mouvements des planètes externes (Mars, Jupiter, Saturne) et internes (Mercure et Vénus)

Pour énoncer sa théorie, Copernic a dû démontrer que la Terre se mouvait sur un orbite et pour cela s’est appuyé sur Nicolas de Cuse qui dit en 1450 :
    «  Des passagers enfermés dans un bateau toujours à la même vitesse, sur une mer calme, ne sentiraient pas ce mouvement ».

Ainsi que sur les travaux de Nicolas d’Oresme, un savant français du XIVe siècle :
​    « Si un homme, se trouvant dans les cieux, mû et transporté par leur déplacement quotidien, pouvait distinctement voir la Terre et ses montagnes, ses vallées, ses rivières, ses villes et ses châteaux, il lui apparaîtrait que la Terre se déplace selon un mouvement quotidien, tout comme il nous apparaît à nous qui nous trouvons sur la Terre que les cieux bougent. On pourrait alors croire que c’est la Terre qui bouge, et non les cieux. »

Copernic retardera de plusieurs années la parution de son travail. Ses croyances et la peur de la réaction du Vatican et de Wittenberg en sont les principales raisons. Mais il n’oubliera pas dans son ouvrage, rédigé en latin, d’adresser une dédicace au Pape Paul III, où il revendique le droit à la liberté d’expression !  

« En assumant les mouvements que, dans l'ouvrage suivant, j'attribue à la Terre, j'ai finalement trouvé, après de longues et soigneuses recherches, que lorsqu'on rapporte les mouvements des autres planètes à la circulation de la Terre, et qu'on les calcule pour la révolution de chaque étoile, non seulement les phénomènes s'ensuivent nécessairement de là, mais encore l'ordre et la grandeur des étoiles et tous leurs [orbites] et le ciel lui-même sont si liés ensemble que dans aucune partie on ne peut rien transposer sans confusion pour le reste et tout l'univers. C'est pourquoi nous n'avons pas honte de soutenir que tout ce qui est au-dessous de la Lune, avec le centre de la Terre, décrit parmi les autres planètes une grande orbite autour du Soleil, qui est le centre du monde; et que ce qui paraît être un mouvement du Soleil est en réalité un mouvement de la Terre. »
Nicolas Copernic, De la révolution des orbes célestes, 1543, dédicace au pape Paul III
 

Copernic est mort avant que son œuvre et ses idées ne voient le jour. Johannes Petreius de Nuremberg (luthérien) publiera son œuvre révolutionnaire le jour de sa mort, en s’opposant au Clergé.
Ces idées furent rejetées en raison des considérations théologiques et philosophiques de l’époque, mais elles ont cependant entrainé des conséquences chez les futurs scientifiques.
 Des contradictions sont aussi soulevées, Copernic
 place le Soleil incorruptible dans un lieu soumis à la corruption et la Terre étant plus lourde que le feu, elle devrait être au centre du monde, et le Soleil devrait donc tourner autour d’elle.

 

La révolution copernicienne

Après sa mort, une révolution Copernicienne se met en place.
Des voyages et des explorations, tel que la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, sont faits, cela prépare les esprits à de grands changements car le monde s’agrandit. On commence à se dire que les anciennes descriptions de la Terre étaient fausses, et que Ptolémée s’était peut-être trompé.

Une nouvelle vision du Soleil se forge dans les esprits. Elle est ainsi présentée mathématiquement comme la source de tous les principes vitaux et de toutes les forces vitales de l’univers.
Les découvertes scientifiques effectuées lors de la révolution copernicienne vont interroger certains philosophes sur l'hypothèse d'une pluralité des mondes, cet donc de l'habitabilité des planètes.

Giordano Bruno, de son vrai nom Filippo Bruno, est un grand révolutionnaire philosophique. Durant sa jeunesse, il fût prêtre. Il reprendra les idées de Copernic. Il fût le premier à penser que l’univers ne serait pas créé par Dieu. Dans son œuvre il dit : « L’univers est infini, peuplé d’une multiplicité de mondes analogues au nôtre. » En concevant un monde ouvert, Bruno accomplit un saut dans l'Immensité.

Pour l'Eglise, il représente le mal, l'horreur, car à l'époque il est impensable de nier l'existence de Dieu et sa place dans l'univers, d'autant plus de la parole d'un prêtre.

C'est le refus de Giordano Bruno de croire à la création du monde par Dieu qui motivera la décision de sa condamnation. Il sera brulé vif le 17 février 1600. Sa fin sur le bûcher en fit un martyr de la libre pensée.

Il faudra attendre la fin du XVIIème siècle et les idées d’Isaac Newton sur la mécanique céleste pour que la conception de Copernic soit reconnue en Europe.

 

Conclusion : 

De l'Antiquité à la Renaissance, une vision nouvelle du ciel fut découverte par les observations du système solaire. On passe d'une vision géocentrique à une vision héliocentrique. La transition se fait en une vingtaine de siècles à cause des croyances imposées par L'Eglise. Cependant quelques scientifiques proposent des théories sans les affirmer réellement à cause de la peur omniprésente de la sanction du Clergé.